Vivait un berger amoureux d'une bergère
Chacun dans sa vallée, auprès de son troupeau,
Chantait un madrigal que renvoyait l'écho
Et de cime en cime leur chanson s'envolait
Et d'un c½ur à l'autre l'amour se déversait.
Chacun gardant fortune, à l'autre pensait
Et, sous clair de lune, leur romance, dansait
Aux vents de l'Automne, une meute assassine
Vint à franchir le gué de la vallée voisine
La bergère ; Au loup ! S'écria aussitôt
Mettant en déroute le grand et beau troupeau
Aussitôt le berger s'élança dans la plaine
Dans la nuit noire le massacre commença,
Au pré, les noirs bandits s'en donnaient à c½ur-joie
Tandis que notre héros courait à perdre haleine
L'écho renvoyait les cris de l'affreux combat
Que supportait la belle pour sauver sa vie
Notre bel amoureux était dans l'embarras,
Dans la nuit noire, savoir d'où venaient ces cris
La belle est au Nord mais comment la secourir ?
Quand le soleil luit on peut suivre le chemin
Sans lumière, il doit se fier au destin
Ainsi toute la nuit, notre héros dû courir
Vint à se lever l'aube d'un triste matin
Sur le pré, encor' rose, sa belle gisait
La gorge encore chaude, la griffe qu'un mâtin
Avait déchirée, d'où son sang coulait
Voir son amour, là, mort, un grand cri démentiel
Le c½ur de notre ami, à cette vue explose,
C'est depuis que, la nuit, à regarder le ciel
Une étoile brillante le chemin propose
C'est depuis ce jour-là que, dans les hauts alpages,
Quand survient l'Automne, dans les vallées et plaines
Un cri de grande douleur et d'immense rage
Exprime, du berger, sa tristesse et sa peine